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Comment l’agilité va m’aider à préparer l’Ultra Train du Mont Blanc - Article 1 : Le pourquoi ?






Pour ce premier article, nous verrons l'importance de la bonne définition de son pourquoi.

On y découvre l'utilisation de la courbe des émotions mais on y parle également des 4 types de fun. 



Pourquoi ?

Cette question, que l’on ne se pose pas suffisamment, est pourtant essentielle à la motivation, à l’engagement et la réponse à nos besoins.


De nombreuses fois j’ai vu venir des besoins utilisateurs sans ce fameux “pourquoi”.

Par exemple : “Je veux un export Excel depuis cet écran”. Si on creuse le pourquoi d’une telle demande, alors le réel besoin de l'utilisateur n’est pas un export (et encore moins depuis cet écran), mais un besoin de compléter une expérience.


Le pourquoi est aussi ce qui nous permet d’aller chercher la motivation nécessaire lors de situations difficiles. En ultra-trail, lorsque la douleur, le froid, la faim et la fatigue sont omniprésents, se reconnecter à son pourquoi permet de rester “engagé” dans l’effort.


Dans mon travail, je m'efforce très régulièrement de veiller à ce que ce “pourquoi” soit clairement défini et compris. Dans le cadre de la constitution d’une équipe par exemple, je suis très vigilant à ce que ses membres soient pleinement conscients de la raison d’être du produit auquel ils contribuent. Je veille également à ce que ces derniers aient une vraie raison individuelle de contribuer à cette équipe (mise en situation, complétude d'expériences, nouveau contexte…), car cela est le point clé de l’engagement.


Dans ce premier article je vais donc vous présenter mes “pourquoi” de cette pratique, mais aussi et surtout, comment je les ai identifiés.


Comment identifier ses pourquoi ?

De manière très basique, le simple fait de prendre le temps de se poser la question permet généralement d’y répondre en grande partie. Cependant, un exercice que je trouve très approprié pour “identifier son pourquoi” est “la courbe des émotions”.


Il s’agit de tracer une ligne de temps, et d’y inscrire des événements marquants, tout en y positionnant l’intensité de l’émotion associée (qu’elle soit positive, négative ou neutre).






L’échelle de temps peut être très variable (année, parcours utilisateur).

En analysant sa courbe d’émotions, cela devient plus facile d’identifier ce qui nous fait vibrer.


Cet exercice, nous nous le sommes appliqué chez Incubate Conseil après 1 an d’exercice. Chacun a tracé sa courbe d’émotion individuelle et nous en avons construit une collective. Cette dernière nous a permis de recentrer notre raison d’être : quels marchés nous voulions adresser, quelles missions nous faisaient vibrer, quelle croissance nous voulions atteindre (ou ne pas atteindre), et par conséquent, quelles compétences nous souhaitions acquérir… Construire cela collectivement a permis, en plus d’un alignement stratégique, de le focaliser sur le plaisir collectif.


Cet exercice est également très approprié pour une rétrospective annuelle d’une équipe, il peut permettre d’améliorer le bien être de ses membres et d’ajuster son mode de fonctionnement pour maximiser le plaisir.


Il est également très largement utilisé pour analyser des parcours utilisateurs afin de l’optimiser.

Je vous invite à regarder le talk d’Antoine Douchet sur “l’art de conclure” qui évoque l’importance de l’émotion finale d’une expérience, ou encore, d’écouter l’épisode 3 du podcast “Dans mon bain” mettant en scène Mathieu Blanchard (2eme de l’UTMB 2022) qui met en scène ici, l’utilisation de cette fameuse courbe d’émotions pour un sportif de haut niveau.


Je me la suis appliquée sans thème particulier sur une année, j’y ai mélangé mes activités professionnelles, personnelles et familiales. L’analyse de cette courbe m’a permis de prendre conscience de manière plus forte mon besoin d’être animé par du fun de type 2. Mais c’est quoi ce truc, le fun de type 2 ?



Les différents types de fun












J’ai entendu parler de cette approche pour la première fois lors de l’écoute d’un podcast de “Course Epique” avec Hillary Gerardi:


Cette approche vise à catégoriser selon 3 (voire 4) types, les différentes manières de prendre du fun/plaisir.


Type 1 : Il s’agit d’un plaisir sur l’instant et rétrospectivement. Cela peut-être, par exemple une journée de ski, un repas avec des amis, ou encore une journée en famille.


Type 2 : Peu de plaisir sur l’instant, mais un plaisir rétrospectif. Je le traduis comme un plaisir d’accomplissement. L’ultra-trail est clairement un fun de type 2.


Type 3 : Pas de plaisir sur l’instant, ni rétrospectivement. Mais alors pourquoi on considère cela fun ? J’interprète cela comme le fun d’anecdote. On ne veut clairement pas revivre cette situation, mais elle est tellement extrême qu’on prend du plaisir à la raconter (je me suis fait prendre dans une avalanche, je me suis fait attaquer par un ours…)


Type 4 : Plaisir sur l’instant, mais pas de plaisir rétrospectivement. Le bon exemple est la soirée trop arrosée.


Mon pourquoi ?

Pourquoi consacrer 260h de mon temps à la course à pied sur une année ? Sacrifier des grasses matinées ou des soirées télé ? Pourquoi me faire “mal” au point de ne plus savoir descendre des escaliers certains lendemain de course ? Pourquoi me confronter au froid, ou à la chaleur ? Pourquoi passer de nuits blanches à se déplacer dans la montagne à la lueur d’une frontale ? Pourquoi me mettre dans des situations où je finis par me demander : “mais qu’est-ce que je fais là ?”...


Si j’en reviens à ma courbe d’émotions, j’ai conscientisé que ce qui m’apportait le plus d’émotions positives et intenses, sont des situations obtenues dans la difficulté. Que cela soit professionnellement ou personnellement, j’ai besoin de sortir en permanence de ma zone de confort pour ressentir un accomplissement.


J’essaye donc au maximum de me positionner dans ce type de situation, tout en étant conscient que cela peut également parfois me mettre en situation d’échec (je reviendrai dans un prochain article sur l’acceptation de l’échec). Cependant, avec un réel “engagement” et un objectif “adapté”, je reste convaincu que l’on peut venir à bout de la majorité des challenges que nous pouvons nous fixer.


Cela m’amène à un autre pourquoi : “combattre ses pensées limitantes”. La pratique de cette activité m’a amené à revoir mes frontières du “possible”. Ce que j’envisage comme possible et réalisable aujourd’hui, me semblait impossible il y a quelques années. Et comme j’ai pu repousser les frontières de mon “possible” dans le domaine de la course à pied, cela me donne de la confiance et du courage pour repousser ces frontières dans les autres domaines. En résumé, cette activité a clairement boosté ma confiance en moi.


Dernier “pourquoi” majeur qui continue à booster mon engagement pour cette pratique, c’est l’introspection qu’elle peut apporter. Lorsque l’on est sur un effort longue durée, dans un cadre naturel splendide, l’esprit s’évade beaucoup plus facilement, et cela permet de penser à des tas de choses de manière plus ou moins consciente. Notamment d’en apprendre beaucoup plus sur soi-même et ses propres schémas de pensée.


Pour résumer, ce qui m’anime le plus à pratiquer cette activité, c’est le besoin de me confronter à des fun de type 2, qui m’amène à repousser mes pensées limitantes et booster ma confiance en moi. Comme évoqué plus haut, le fait de sortir régulièrement de sa zone de confort peut à l’inverse nous mettre en situation d’échec et avoir un effet négatif sur sa confiance en soi. Dans le prochain article on commencera donc à aborder les moyens de gérer cela et de se mettre en situation de succès. On zoomera notamment sur la notion d’engagement.



Sources :

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